Ce mardi 10 avril, le CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, répondra aux questions du Sénat américain. Retour sur cette longue affaire mêlant politique et réseaux sociaux.

2016, année d’élection présidentielle aux Etats-Unis. Des irrégularités ont été remarquées, orchestrées, il semblerait, par des individus répondant au gouvernement russe. Pour truquer cette élection, ces malfaiteurs ont eu recours à plusieurs techniques. Tout d’abord, des milliers de contenu de propagande ont été répandus sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Facebook. Selon des chiffres officiels, près de la moitié de l’électorat américain aurait été touché par ces messages de propagande pro-Trump, voire même par des fake news. Leur but était de diviser la société en jouant sur des peurs et des angoisses. Les malfaiteurs ont également hacké les e-mails du parti démocrate pour les partager sur le site Wikileaks, faisant perdre de sa crédibilité au parti opposé à Donald Trump.

Facebook ne prit que peu d’actions pour lutter contre ces actions, et ce, plusieurs mois, voire même un an après. Nombreux sont ceux qui considèrent que le réseau social a sa part de responsabilité dans cette affaire d’ingérence russe. Plus récemment, le scandale Cambridge Analytica a lui aussi fait couler de l’encre. Cette entreprise a eu accès aux données personnelles de près de 89 millions d’utilisateurs de Facebook. Ce n’est que plusieurs jours après le début de ce scandale que Mark Zuckerberg s’excusa et reconnut avoir fait des « erreurs. »

Mark Zuckerberg convoqué

Insuffisant pour le Congrès américain, qui l’a convoqué ce mardi 10 avril pour répondre à des questions concernant les ingérences russes et cette récente affaire. Il commencera par répondre aux interrogations du Sénat, ce mardi 10 avril puis, le lendemain, à celles du Congrès. La veille de son intervention, ses conseillers ont d’ailleurs publié son discours d’ouverture à la veille de son intervention.

Dans ce texte, on découvre que le PDG de 33 ans compte, avant toute chose, s’excuser à nouveau pour les erreurs que ses équipes ont pu commettre. Il avouera ne pas avoir « fait assez pour empêcher ces outils d’être utilisés de façon malintentionnée. » Le jeune homme a même suivi un cours intensif de charme et d’humilité, auprès d’un ancien conseiller du président George W. Bush, pour se préparer au mieux et réussir à s’exprimer convenablement devant le Congrès.

Il présentera son entreprise comme une société « idéaliste et optimiste, se concentrant sur le bien que peut amener la connexion entre les personnes », mais que, aveuglé par ces valeurs si humanistes, ils n’ont pas réussi à comprendre assez rapidement que « ce n’est pas suffisant de connecter les gens, nous devons nous assurer que ces connexions sont positives. » Une introduction très candide de son entreprise, qui précédera de longues excuses concernant les ingérences russes.

Concernant Cambridge Analytica, Mark Zuckerberg prévoit de rappeler les mesures déjà annoncées par son entreprise pour éviter un nouveau scandale de ce type. Parmi elles, une alerter sur le NewsFeed des utilisateurs dont les données ont pu être récupérées par Cambridge Analytica à leur insu. Les paramètres de confidentialité devraient également devenir plus clairs et plus accessibles. Le PDG a aussi annoncé, dans son texte publié le 9 avril, souhaiter encadrer les publicités politiques.

Vous pouvez retrouver son discours d’ouverture complet ICI. Son intervention sera filmée et diffusée en direct ce mardi 10 avril à 2:15 PM Easter time, ou à 20h15 heure française. Vous pourrez la suivre ICI.

Crédits photo : Flickr Allie Caulfield